Pour un design de l'éphémère.

 

Sur un arbre perché

2017

plateforme de repos à poser sur un tronc couché.

l'histoire

Été 2015. Nous sommes dans le sud ouest de la France. Nous marchons le long d’un sentier dans la chaleur accablante du Lot. Bientôt, nous arrivons dans un sous-bois. La nature laissée libre, presque inhospitalière, forme une barrière végétale, abritant un cours d’eau qui rafraichit l’atmosphère. Plusieurs arbres se sont couchés et enjambent le ruisseau. La température, ici, a chuté ; l’air est enfin respirable. Nous avons envie de rester un peu, silencieux.

Été 2016. De retour dans cette même région, je porte mon regard aussi loin que possible. C’est la traditionnelle balade de fin de journée, quand la lumière se fait rasante. J’écoute le village depuis le vallon qui lui fait face. Étendu dans un champ, un grand arbre tombé (une tempête ? un orage ? le vieillissement ?) semble lui aussi écouter. Je le rejoins. M’assois sur lui. Au loin : la voix des hommes, le jappement du chien, le clocher qui résonne dans la tombé du jour, une voiture qui démarre. La souche de l’arbre m’offre le repli nécessaire à l’ouverture au monde qui m’entoure, la possibilité de m’en soustraire pour mieux l’investir.

Pour une éloge du repli sylvestre

[Je] voulais m’en aller par les chemins cachés, bordés de haies, par les sous-bois de ronces et les pistes à ornières reliant les villages abandonnés. Il y avait encore une géographie de traverse pour peu qu’on lise les cartes, que l’on accepte le détour et force les passages. Loin des routes, il existait une France ombreuse protégée du vacarme, épargnée par l’aménagement qui est la pollution du mystère. Une campagne du silence, du sorbier et de la chouette effraie.

Sylvain Tesson, Sur les chemins noirs

SUR UN ARBRE PERCHÉ est une intervention la plus infime possible, faisant écho à la sérénité de ces promenades estivales, mais aussi à l’imaginaire porté par l’arbre dans nos lectures, de La Fontaine à Sylvain Tesson, en passant par le Côme de Italo Calvino qui décide, à l’âge de douze ans, de grimper sur une branche pour ne plus jamais en redescendre, devenant un témoin singulier des changements du monde.

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